| Régate Heineken 2009 : récit de la World Sailing Team Vendredi 6 mars. Course 1 autour de l’île. 06h35 Le réveil sonne. Avec un réveil si matinal, on n’a pas vraiment l’impression de vivre au rythme des îles paradisiaque. La météo ne semble pas non plus vouloir être de la partie : il pleut à verse et le vent semble être contraire. Après avoir acheté quelques boissons énergétiques et des barres de muesli (les courses ne sont généralement pas le théâtre d’une délicieuse expérience gastronomique). À 9h15 nous nous lançons avec le spinnaker 3e catégorie sur une mer agitée. Le départ n’est pas brillant mais avec un vent déjà favorable, nous revenons bien dans la course. Le vent d’est change de direction et passe au nord, nous ne devons plus vraiment naviguer et nous gagnons pas mal de temps. Même la voie entre Marigot et Tintamare bénéficie d’un vent favorable. Cette partie prend normalement des heures mais avec un vent de 25 nœuds (6 Beaufort), nous naviguons à vive allure vers le bief en direction de la ligne d’arrivée. Nous sommes vraiment bien positionnés mais juste avant la dernière bouée, c’est la catastrophe : nous sommes à deux doigts de perdre le spinnaker (spi) et nous perdons un temps précieux pour la remonter à bord. Dommage mais nous finissons malgré tout à une 3e place bien méritée, juste derrière notre grand rival, le 'Lazy Dog' du Porto Rico. Samedi 7 mars. 2e jour de course Une fois de plus 06h35. C’est tôt mais le soleil brille et le vent souffle fort. Nous sommes confiants et motivés car le résultat d’hier laisse entrevoir une place sur le podium. Il s’agit à présent de maintenir le cap et de ne pas commettre de faute inutile. La course aurait normalement dû prendre la direction de Marigot mais à cause de la force du vent du nord, la houle est trop forte pour y ancrer après la course. Nous voguons à présent upwind-downwind (vent avant/vent arrière) au large de Simpson Bay. Il est 9 heures et nous attendons toujours qu’ils posent la marque. Le vent souffle en permanence à plus de 25 nœuds, une force incroyable pour cet endroit. Plusieurs coques nues ont déjà perdu leur mât et leur bôme. Le départ est donné à 10 heures précises. Le vent est bien disputé sur la ligne de départ et les débuts ne sont pas brillants. Le vent se renforce et atteint 30 noeuds (7 Beaufort). Une forte rafale brise l’hauban inférieur qui relie la grand-voile au mât. Le vent se déchaîne et les haubans supérieurs se brisent les uns après les autres. On replie vite toutes les voiles. Fin de la course. Énorme déception parce qu’avec un bon bateau et ce classement nous avions toutes les chances de grimper sur l’une des marches du podium. Direction le voilier pour des réparations... Demain est un autre jour ! Dimanche 8 mars 06h25 encore plus tôt mais heureusement le soleil brille... La grand voile est réparée, il ne nous reste plus qu’à l’accrocher. Tout l’équipage est déjà à bord à 7h15. Après avoir appareillé, nous déployons le spi afin de vérifier que tout fonctionne correctement avant la dernière course. À 10h00 (beaucoup trop tard), nous commençons notre dernière course qui est une fois de plus bien différente de celle des autres années. Nous prenons la direction de l’autre côté de l’île pour ensuite voguer le long d’une longue partie spi pour revenir à Philipsburg et franchir la ligne d’arrivée. Le départ est un peu mouvementé à cause du vent et nous devons revenir à la ligne de départ. Nous sommes à tribord de la course pendant une bonne partie de l’épreuve mais revenons ensuite très bien. Nous sommes bien dans la course mais nous connaissons moins bien l’île que les locaux de l’étape et nous prenons moins de risque. Nous ne nous approchons pas aussi près des récifs où il y a moins de courant et nous perdons quelques places. Nous ne commettons pas d’erreur et après une belle partie spi, nous finissons milieu de classement. L’un dans l’autre, nous avons effectué une très belle course cette année – c’est d’autant plus regrettable de ne pas avoir pu participer à la course de samedi. Nous avons montré de quoi nous étions capables et nous avons prouvé que nous pouvions nous aussi revendiquer une place sur le podium… Saint-Martin 2010, nous voilà ! |
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